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Pour une stratégie énergétique forte et inclusive

31 janvier 2013

Affaire autant de fierté collective que d’économie, le développement énergétique a vu nos plus grands chefs d’État s’illustrer, que l’on pense à René Lévesque et à Robert Bourassa, en plus d’être source d’inspiration des poètes, de Gilles Vigneault à Georges Dor en passant par Claude Gauthier.

Aussi est-il renversant de voir à quelle vitesse un tel fleuron identitaire peut être mis au ban de la société. Il suffit d’évoquer les surplus d’Hydro-Québec et, dès lors, c’est toute la filière énergétique qui est remise en question.

Ces surplus présentent pourtant un formidable potentiel d’attraction des entreprises, en plus d’être au service d’une économie québécoise que l’on veut des plus florissantes. Développer notre potentiel énergétique a certes un prix. Les projets communautaires, comme les petites centrales au fil de l’eau, sont cependant très bénéfiques pour les régions. La popularité de cette filière auprès d’un grand nombre de municipalités témoigne d’une réelle volonté de prise en main de leur avenir.

Mêmes modestes en termes de puissance, ces projets ont des retombées considérables pour le milieu et permettent de réaliser d’autres projets ayant eux aussi des retombées. Si cette logique s’applique pour les investissements en culture, pourquoi pas pour l’énergie?

Et l’industrie éolienne, faut-il l’abandonner? Doit-on faire une croix sur la biomasse forestière alors qu’à l’exemple de municipalités comme Amqui et de la Coopérative forestière de Girardville, elle remplace le mazout polluant dans le chauffage d’édifices publics?

Parlant de coûts-bénéfices, comment expliquer qu’on accepte sans broncher notre dépendance au pétrole? S’affranchir de cette dépendance ferait toute la différence sur la balance commerciale, sans compter les bénéfices environnementaux. Qu’attendons-nous pour utiliser davantage notre énergie verte, par exemple, dans l’électrification des transports?

La prudence la plus élémentaire nous dicte d’y penser à deux fois avant de balancer par la fenêtre cette expertise unique acquise au fil de plusieurs décennies. Conjoncturelle, la situation actuelle pourrait changer rapidement advenant une relance économique soutenue.

Accroître notre patrimoine énergétique est un travail de longue haleine. À titre de président de la FQM, j’en appelle au gouvernement pour qu’il ne se laisse pas distraire et poursuive dans cette voie qui a fait la marque de commerce du Québec. J’en appelle à une Stratégie énergétique forte et s’appuyant sur les communautés. Le lancement d’un nouvel appel d’offres pour les 700 mégawatts d’énergie éolienne restés orphelins constituerait un premier signal des plus positifs.

Malgré un départ difficile, la filière éolienne a permis de relancer la Gaspésie. Imaginons l’impact que peuvent avoir des projets entièrement pris en charge par les communautés. Tel est le modèle vers lequel il faut tendre afin d’assurer l’occupation de l’ensemble du territoire québécois.

À l’heure des changements climatiques et d’un 21e siècle qui sera celui des ressources naturelles, nous ne pouvons que sortir gagnants de miser sur une richesse qui a fait notre fierté par le passé et qui peut continuer de le faire encore très longtemps.

Bernard Généreux
Président
Fédération québécoise des municipalités